FAQ (FOIRE AUX QUESTIONS)
Quelles sont les statistiques disponibles sur le célibat ?
Pour le nombre de célibataires en France, l'INSEE donne le chiffre de 18 millions.
Mais attention, le mot est pris dans son acception strictement statistique : sont
considérés comme célibataires les gens qui ne sont pas mariés. Donc les concubins,
les Pacsés, bref tous les couples qui ne sont pas passés devant le maire, représentent
des célibataires !
L'INSEE établit aussi des statistiques sur les ménages composés d'une seule personne
: 7 millions de personnes vivent seules dans leur logement. Mais ça ne donne pas
le nombre exact de célibataires car ne sont pas pris en compte les femmes seules
avec enfant, les célibataires qui vivent dans leur famille, les SDF, les colocataires,
etc.
Dans son sens courant, le mot célibataire désigne ceux qui n'ont pas de vie affective
stable, ceux qui ne cohabitent.pas, Je les appelle "ceux qui vivent en solo".
A travers les différentes statistiques et études que j'ai pu recouper, environ
1 personne sur 3 vit en solo chez les plus de 18 ans. Aux extrémités, c'est beaucoup
plus (jeunes étudiants, personnes âgées). Si on prend la tranche 25-60 ans, 1 personne
sur 4 vit en solo.
Qu'est-ce qui différencie les femmes des hommes ?
On observe quelques généralités sociologiques sur les célibataires :
Il y a un peu plus de femmes que d'hommes célibataires. Principale raison : la durée
de vie plus longue des femmes. On compte donc des veuves qui vivent quelques années
de plus que leur défunt mari sans se remettre en couple.
Il y a une sureprésentation d'hommes en milieu rural (agriculteurs qui ne trouvent
pas de femmes désireuses de s'installer dans une ferme) tandis que les femmes sont
sureprésentées dans les grandes villes.
Les femmes diplômées sont en sureprésentation car le temps consacré aux études longues
et la carrière professionnelle qui en découle reportent en général l'engagement
conjugal. Et ensuite, elles ne trouvent pas toujours un homme qui leur corresponde.
La phrase que j'ai la plus entendue au cours de mes enquêtes auprès de ces femmes
diplômées ou carriéristes : "des hommes, il y en a, mais ils ne sont pas à la hauteur".
Du côté des hommes célibataires, on est plutôt en bas de l'échelle sociale, on en
trouve une plus grande majorité qu'ailleurs parmi les chômeurs. Un homme qui a connu
un accident dans sa carrière professionnelle a plus de difficulté à fonder
une famille.
Socialement, comment est perçu le célibat ?
La question que se posent souvent les célibataires : "est-ce que ma situation est
normale ?". Cela montre la pression de la société. Les femmes se posent plus cette
question que les hommes. Quand on vit en solo, on est amené à réfléchir
sur soi beaucoup plus que lorsqu'on est pris dans une vie de couple ou de famille."Qu'est-ce
c'est que ma vie ?" et "demain, je vais peut-être rencontrer quelqu'un et alors ma vie va changer".Subi ou voulu, le célibat génère toujours ce genre de questions.
Certains franchissent le cap, ne se posent plus de question et considèrent leur
vie comme une autre forme de vie privée, différente de la vie conjugale qui demeure
la norme. C'est parfois à ce moment là qu'ils font des rencontres car ils ressentent
moins d'angoisse et ne font plus de la rencontre un enjeu.
Par ailleurs, il y a une pression sociale qui s'exerce sur les célibataires : la
mère qui veut être grand-mère, les copines qui se casent, etc. Dans la société,
il y a un double langage : une liberté de surface, en apparence (chacun fait ce
qu'il veut), et une norme vers laquelle tout le monde tend inconsciemment ou non,
la conjugalité.
Quelle est l'évolution du phénomène du célibat ?
Très simple et très claire : on assiste à une augmentation régulière et massive
du nombre de célibataires depuis les années 60. C'est un mouvement historique, sans
précédent. Le nombre des solos continue à augmenter même dans les périodes où le
couple et la famille ont été valorisées, comme par exemple les années 90.
Comment expliquez-vous cette augmentation massive ?
Dans les années 50, on rentrait dans la vie adulte par le mariage, surtout les femmes.
Aujourd'hui, c'est par les études et le travail qu'on devient adulte. Par conséquent,
on a sa vie entre ses mains, on peut se dire qu'on est maître de sa vie plus qu'avant.
On est donc face au phénomène historique de l'autonomisation des personnes, de l'autodétermination.
On essaye de se réaliser individuellement, par soi-même, avec ses propres moyens,
avant de s'engager avec quelqu'un d'autre, même si la conjugalité reste pour une
majorité le but ultime, le rêve. En plus de ce phénomène historique, il y a une
non-adéquation entre les célibataires hommes et femmes : il ne sont pas dans les
mêmes catégories du point de vue de l'âge et de l'appartenance socioculturelle.
Quelles tendances connaîtra ce phénomène dans le futur ?
Le couple tend à devenir un couple léger, en pointillé. De plus en plus, on aura
des séquences conjugales dans sa vie, où l'identité, l'individualité demeureront,
avec des phases de célibat. Le gros problème dans tout ça, c'est la place de l'enfant.
La famille est en train de se refondre totalement. Auparavant elle était fondée
sur le couple or, elle commence maintenant à tourner autour du tandem mère-enfant.
On parle depuis les années 60 de bouleversements familiaux mais ce n'est que le
début aujourd'hui, c'est une révolution qui s'annonce...
Faut-il envier la vie des célibataires ?
Quelles peuvent être les bonnes raisons de se confiner dans le célibat ?
Le célibat n'est-il pas aussi à l'origine de nombreuses souffrances et dépressions
?
Certains célibataires ne rêvent-ils pas d'une vie à deux ?
Pourquoi le célibat aujourd'hui est-il en augmentation ?
« Parce que le célibat est désormais un luxe que tout le
monde veut s'offrir. »
" Les gens se mettent à chercher l'amour comme ils chercheraient
un emploi" Quels constats faites vous concernant l'évolution du célibat ?
C'est un phénomène qui est loin d'être marginal. Bien qu'ayant toujours existé,
le célibat a pris ces dernières années des formes qui en font l'un des axes majeurs
du changement de notre société. La «vie en solo», quand elle est choisie, s'appuie
sur les notions nouvelles «d'être soi-même» et de «maîtrise de son existence». Le
célibataire s'interroge fondamentalement sur la possibilité de vivre bien
à deux.
On peut expliquer cette nouvelle attitude vis à vis de la vie
de couple par l'essor de l'individualisme. Mais attention, ce n'est pas une notion
négative qui correspondrait à un repli sur soi. Il faut le comprendre comme le phénomène
qui caractérise la modernité : on décide soi même pour sa vie, on maîtrise son avenir. La question qui revient le plus souvent est : « Comment s'abandonner
au travers du couple sans se perdre soi-même ? ». Il ne s'agit pas de dire que les
jeunes générations de veulent plus du couple, au contraire. Le désir de vivre à
deux est important, mais le modèle de vie à deux a changé.
Les rencontres sont rendues difficiles ? La quête prioritaire de l'épanouissement
personnel fait de la femme et de l'homme modernes des êtres solitaire. Il sont sur
la défensive, à l'affût de ce qui pourrait entraver leur liberté. Extrémiste du
bien-être individuel le célibataire est « dans sa bulle ». La rencontre, rendue
difficile, a donc besoin d'être aidée. Le Club de Loisirs est devenu, en ce sens,
un instrument de rencontre à part entière.
Est-ce la « fin du couple » ?
Je ne le pense pas. L'idée de couple est toujours très forte. C'est l'idéal du couple
qui a beaucoup évolué. Alors qu'il était souvent vécu sur le mode fusionnel les
jeunes gens qui se projettent dans une vie à deux pensent davantage à eux-mêmes,
à leur liberté. Le couple ne doit pas effacer la personne. Il est même souvent vécu
comme une violence ou une contrainte. Le couple instable devient second par rapport
à l'individu.
C'est la raison pour laquelle les jeunes générations vivent de moins en moins «
Une histoire d'amour » sur le long terme mais plusieurs séquences de vie conjugale
successives. Ces relations ne sont pas pour autant superficielles. Elles sont généralement
très intenses en émotions. Le changement principal est que la famille n'est plus
au cœur de la vie à deux. De ce point de vue, les problèmes ne se posent pas tant
pour les adultes en quête d'indépendance que pour leurs enfants, potentielles victimes
de l'instabilité conjugale.
Célibat conquérant :
Le célibat ne cesse d'augmenter de nos jours.
Ce n'est pas une mode passagère mais un véritable fait de société. Il s'étend
du nord vers le sud et des villes vers les campagnes.
L'âge du mariage recule un peu partout dans le monde. Paris a basculé et compte
désormais plus de célibataires que de gens vivant en couple.
Autant de célibats
que de célibataires ?
Il n'est pas question de trouver une explication unique
au célibat. Le célibat n'est ni totalement choisi ni totalement subi mais il résulte
d'un mélange des deux.
On ne peut pas comparer les jeunes célibataires qui reculent l'âge du mariage, les
célibataires durables du type " vieux garçons ", " vieilles filles ", les célibataires
tardifs comme les divorcés et les familles éclatées.
Sans compter les éternels insatisfaits qui rêvent d'un conjoint parfait
mais qui n'est pas de ce monde.
Ni les pas parfaits du tout qui sont de ce monde.
Peur de devenir adulte ou le désir de rester jeune ?
Le jeune reste célibataire avec l'idée que l'avenir reste ouvert.
Chez le tout jeune, on ne galope plus comme avant après le mariage. Même les parents
se mêlent de déconseiller le mariage précoce.
Il s'agit d'un sérieux retournement de tendance.
Le célibataire débutant ne veut pas se " caser " trop tôt. Il souhaite " garder
son autonomie ".
Cette période peut aller jusqu'à 30-40 ans chez l'homme. Moins chez la femme.
- A 18 ans les parents incitent la progéniture à rester célibataire.
- A 35 ans les parents voudraient bien qu'elle débarrasse le plancher.
Célibat féminin Célibat masculin, pas le même combat ?
Le célibat féminin diffère du célibat masculin. Il y a plus de
célibataires hommes chez les jeunes et il y a plus de célibataires femmes plus tard.
Vers 30-40 ans les femmes cherchent plus activement à sortir du célibat.
Femme au foyer, homme au charbon :
- Le lieu de résidence est important.
La famille tenait dans le temps par le rôle central " au foyer " de la femme.
L'Etat social a libéré la femme. La femme a souvent une activité professionnelle.
La question des enfants et le rapport au temps ont beaucoup évolué également.
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